Valcabrère le 2 octobre 2009 – 20 heures. Ici l’Eglise romaine continue à faire mentir les pierres. Les lémures païens, les saints wisigoths et les cavaliers moricauds n’ont qu’à bien se tenir. Je m’appelle Ennio : j’adore faire cuire en broche les croisés imprudents. Ainsi je suis persuadé que le commandeur qui, tous les 7 ans, vient ici hurler 7 fois sa lamentation est un ancien des SAS d’Algérie ; d’ailleurs, si j’en crois les anciens du village, sa voix commence à chevroter : « L’ordre est détruit, les chevaliers ont péri ! Le Saint Tombeau est perdu... ». Ce pays mérite mieux qu’une légende médiévale faisandée. Le glorieux passé wisigoth ne respectait pas davantage les vestiges païens, mais du moins le dieu Mars perçait encore sous Saint Martial. Je suis passé tout à l’heure à l’Empau et j’ai volé un pieu de châtaigner pour faire une belle brochette, puis j’ai creusé un trou dans le macellarium. Les ordures nicéennes et leurs complices de la DRAC n’ont qu’à bien se tenir ; j’ai, moi aussi, désormais, un allié à l’intérieur : mon ami Salah ad Din Yusuf al Zoubi est maintenant titulaire. Lorsque j’en aurai fini avec l’intrus trinitaire, il rétablira les subventions pour les fouilles.