Les errances flivo

tchou tchou.....

11 mai 2008

Στο Χωριό

   Δεν θυμαμαι που ήμασταν – Le vendredi 18 avril 2008 - 23h30 - Soirée chez Mitsos, chèvre farcie pour l’anniversaire de Sauveur. Malgré le jeûne pascal (ou à cause de lui), le pope est fin saoul. Mitsos est berger et vient d’ouvrir un snack- bar avec plats à emporter dans ce village de montagne. La chèvre est farcie de riz, de raisins de Corinthe, d’épinards et d’aneth et cuite dans le four un peu plus loin, près de la bergerie ; le pope me bénit avec sa penindaraki vide. Ces bergers et artisans ne comprennent pas pourquoi en Serbie on a installé un nouvel Etat américain peuplé d’Albanais, pourquoi cet été, malgré l’électricité turque, il risque d’y avoir des coupures, pourquoi les martyrs chypriotes sont peut-être morts pour rien, pourquoi Skopje c’est peut-être quand même un peu la Macédoine et pourquoi il n’y a plus de Yougoslavie. Alors qui accuser, à part les juifs et les francs-maçons.Vraiment ?

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04 mai 2008

Terminal F.

Aéroport - Roissy-CDG -  Le  mardi 15 avril  - 23h45 -  Les images chevauchent les archétypes :  Bolloré se faisant baiser l'anneau épiscopal, un très ancien pape suçant un enfant de choeur ou bien les fondateurs du groupe  Accor  étalant leur vomitif portrait partout où ils le peuvent. Non pas que la bouffe soit toujours vomitive  à l'Ibis Paris CDG  Aéroport Terminal ( celle de mon voisin l'était, mais sa tête aussi, on l'eût dit sortie  de la photo des deux fondateurs susdits), cette absence de nom  n'empêche hélas pas  le souvenir et les  habitués échangent leurs condoléances avant de se mettre à table. Ici on n'est pas restauré, à peine nourri, on est traité. un commensal qui faisait le malin a d'ailleurs été privé de son entrée, un autre, qui voulait transgresser la ligne où l'on voulait qu'il attende a du boire du vin rosé  au lieu du rouge qu'il convoitait  sans  le mériter particulièrement. Nous avons  eu nos steaks tartares (en grappillant de-ci de-là   sur les tables et les buffets j'ai pu réunir  la majorité des condiments), notre bouteille de Rioja et les cocktails de fruits (avec les frites destinées au tartare, mais c'est exprès, car  l'addiction aux frites permet  aux pickpockets  d'agir, alors que là, comme on n'en a plus très envie, on fait attention). Bref , en dressant les tables du petit déjeuner, le personnel  à peine salarié fait connaissance avec les nouvelles têtes, une bonne partie travaillera encore demain, mais  Mourad ne reviendra que si sa mère insiste : être stagiaire et se faire engueuler, ça va un moment. 

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30 avril 2008

Rue de la Tannerie

Angers le  8 avril 2008 - 14h30 -  Les serveurs sont clonés avec les vendeurs de SFR ou The Phone House ; eux ne peuvent pas résister à l'exploitation  en téléphonant entre deux  arnaques, mais c'est le même climat où l'on débite des argumentaires forgés dans les séminaires de PNL qu'ont suivis les franchiseurs. Cela sent la France de Jack Lang où tout est calculé, même la profondeur des rides et la générosité du wok, on vous explique la bouffe parce que c'est exotique les nouilles et les légumes : il ne manque qu'une invitation à cliquer  pour se croire  sur les pages TF1-LCI du portail de  laposte.net Cela sent la gauche  de Thibault et la droite de Rama Yade : cuisines du monde, quoi ! D'ailleurs c'est bon et globalement on est gentil, alors pourquoi tant d'humeur ?  Seulement parce que -mesquin- vous avez attendu  cinq minutes votre deuxième verre de vinho verde ? (NDF : les notes restaus seront désormais recopiées, avec l'adresse  et le montant de l'addition, dans la section : restaus de flivo - et je le dis parce que personne n'y va).


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25 avril 2008

Grande-Rue

Yvoire le  jeudi 3 avril 2008 - 22h00 - Ici on paie en francs français, -enfin on devrait, il paraît que ça n'existe plus- et en argent liquide bien sûr, ça permettait la fraude équitable  et  on n'avait pas Sarkozy, ni même  Paul Quilès, l'apparatchick chrétien de la gauche romaine germanique (on ne se souvient pas plus de   Paul Quilès que de Raymond Barre, en fait). L'archéologie  préventive , l'option latin au collège, les internats de filles avec de grands lavabos en zinc où les savons de Marseille pouvaient glisser  pendant que les petites regardaient les grandes qui se cachaient un peu  du regard de la surveillante au chignon. Bien sûr  Eric von Gotha  était censuré  et il y avait Jean-Claude Gayssot... (couché Flivo !).  Le vin rosé au pamplemousse , le filet de fera  au citron et à l'huile d'olive , le Chateau de Ripaille  sont excellents comme la chaleur des  retrouvailles. J'apprends que dans le  Vaudois on dit "huitante" . Le service est chaleureux  malgré les vieux  à côté  qui se vantent d'avoir bouffé gratos une fois  et qui remuent  les souvenirs d'avant-hier et les  cancers d'aujourd'hui. Moi, je suis bien comme un colvert, qui sent sous ses palmes  la tiédeur de la boue du rivage. Et les desserts sont bons.

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24 avril 2008

Buffet de la Gare Cornavin

Genève  le jeudi  3 avril 2008 - 13h15 - La Suisse  est un refuge et un buffet de gare  à l'ancienne a obtenu l'asile politique. Je bois à la résistance de la  bière Cardinal et à la santé des grévistes de Bellinzona. Un évêque  est venu  parlementer, comme en juin 1848, mais aucune balle perdue... Nous mangeons des pomidori   à la mozzarella pour exprimer la solidarité  entre les bufflones  de  Campanie   nourries au PCB  et les ombles chevaliers  du  Léman  qui se piquent  aux métaux lourds. Je retourne au buffet chercher de la sauce salade, pas de récipient, je pique une barquette et je suis en joie : il y a de vrais ivrognes et de vrais japonais, c'est un vrai buffet de gare  avec de la vraie  fumée. Que la France est triste sous Sarkozy et que j'aime les ouvriers suisses  des CFF  Cargo de résister à leurs patrons socialistes européistes .

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14 avril 2008

Rue des Amandiers

Neuchatel  le  mercredi 2 avril 2008 - 14h00 - Le silo rouge, le serveur noir à l'élégance  est-africaine, le cuisinier  nippon  avec ses grands couteaux, tout cela est parfait. Un indice pourtant : sur Internet on ne parle le plus souvent que de la fenêtre à vantaux la plus grande du monde, cela donne l'impression de  dîner dans un  guide du troisième âge, sauf que le dit  jeune (et beau) serveur ne connaît ni Eric Burdon , ni Little Eva. Les sashimis de saumon ont dû bouffer des emballages de Philipp Morris, ceux de thon sont excellents et le king fish a goût de  king fish. Les nouilles et la brochette de poulet nous rappellent  que le personnel  des maisons de retraite suisses  a  aussi des revendications. Le raifort et le gingembre sont bien, le tofu convenable et la soupe est bonne, mon général ! Conclusion : le post-moderne, c'est dépassé et    la bière Sapporo c'est bien pour oublier le Dalaï Lama.
(NDF : les notes restaus seront désormais recopiées, avec l'adresse  et le montant de l'addition, dans la section : restaus de flivo - et je le dis parce que personne n'y va).

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04 avril 2008

Pont Willy Brandt

Nantes  le samedi 15 mars - 18h30 - Sous les portraits de Saint-Coluche, une bande d'adolescents multiculturels  attaquent un café qui vient de baisser son rideau de fer. Les policiers municipaux en patrouille s'écartent prudemment. Les gamins s'égaillent, craignant qu'en face on sorte une arme à feu.  Le maire de Nantes, lui,  est à Paris : il se prépare aux plateaux télé de demain. L'hiver, Jean-Marc a de beaux manteaux, l'été, je ne sais pas ;  jadis il avait des costards de directeur de supérette ou de principal de collège. Mais ce n'était pas à Nantes c'était  à Saint-Herblain. Ca change tout.

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Cours de Verdun

Dax le mardi 11 mars-16h30 -   La population des commerçantes du centre ville diminue et la statistique est corrélée  avec celle de la popularité locale de  Valérie Pécresse. De temps à autre, l'une d'entre elles est assassinée par  son employée, mais cela n'avait jamais pris de telles proportions. Je vis un curieux moment, presque confortable : invité du carré V.I.P., mais quasi-exclu des cercles opérationnels, j'assiste à l'hommage mortuaire de quelqu'un de vivant. Abdou, pour se punir de n'être pas un si bon muslim  a encore dû  rajouter du rhum dans son punch.


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20 mars 2008

Clichy-La Garenne

Clichy-La Garenne - Le  7 mars 2007  - 10h15. -  A la Barrière de Clichy , les cuivres extérieurs  sont ternes et quelques lettres guingoisent  ; on y honore Bernard Loiseau avec une plaque d'huissier de justice... (j'aimais bien ses recettes dans "la Pêche et les Poissons" !). Le décor  rappelle les déodorants  antitranspiration qu'on vend dans les  réunions Tupper du Rotary. Cela sent le malaise vagal et les gaz d'échappement. Et pourquoi ne pas préférer l'érotisme discret mais puissant  d'un restaurant indien disparu des mémoires, très loin dans le passé, dans un temps ou la densité était légère  comme il sied aux plus frais des échafaudages. Aujourd'hui l'architecte  reprend ses droits et je continue à visiter les cimetières. Celui de Clichy n'est pas mal non plus.

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14 mars 2008

TGV Le Mans-Paris

La Ferté  ou pas loin le 7 mars 2007 - 9h12.  Une cicatrice à quelques millimètres de  la commissure des lèvres rappelle ce stupide accident de plongée où, lors d'une partie  de chasse, Jacky l'avait transpercé à bout portant ( quel con ce  Jacky !). Il me semble que son smartphone de commerçant d'accastillage  et sa chemise rayée  ont été  achetés par la même personne ( maman  ?) . Les épouses achètent  peut-être des smartphones  pour la fête des  pères, après tout ! (exact  et  elle a dû demander conseil à Jacky) ( Mais quel con ce Jacky, quand même !)

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