Paris le 14 janvier 2007 -  00h15 -  Ce soir Zelinda a sa garde rapprochée. Les amis d'abord, fidèles mais pas toujours efficaces contre les snippers, puis quatre malabars  (blazers sombres, cravates rayées, lunettes noires)... et une petite  dernière que j'imagine rapide et que je connaissais pas : sur son badge il est inscrit  "Delphine -Artist Guard". Dans ses  cheveux  trois plumes aux  couleurs vives. Elle répond avec ironie, décontraction et un brin de provocation  aux plaisanteries  douteuses  des ours, des renards et des sangliers. Ce soir on va chez  Don Carmine traiter des affaires. La Camorra  nous fait attendre (technique classique d'intimidation). On sent l'ozone tellement c'est explosif, Delphine sirote un verre d'eau, les gardes  chantent pour se donner une contenance. La négociation commence, tout le monde a déposé un  feu sur la table, mais conserve  dans ses manches une artillerie démentielle. Delphine se lisse les plumes.  Je n'ai jamais eu peur  même pas à l'heure de l'amaretto, ni lors du retour *à reculons quand même* vers le 4*4 blindé aux vitres fumées.