04 juillet 2009
Clinique Holy Filth
Angers le 05 juin 2009 –15h30 - Une course de lits à double niveau est organisée pour égayer les clients. Je me suis fait dépasser par un quinquagénaire dont le pilote peste parce que sa gastrite lui fait essayer de vomir, ce qui nuit à l’aérodynamisme de l’équipage. Au virage vers la salle d’op, le drapeau jaune est mis et on s’interroge. Un chirurgien sort précipitamment du box, insulté par son anesthésiste : un patient a pris feu au ravitaillement. Le temps de faire intervenir la peace car et nous repartons, je suis maintenant deuxième.
29 juin 2009
Clinique Saint Satan
Trélazé le 30 mai 2009 –16h00 - J’ai un nouveau travail : tous les jours à heure fixe, je surveille les carreaux de la chemisette du chirurgien. Il a l’air content de moi : aujourd’hui, pour la première fois il m’a dit bonjour. Aucun carreau ne s’est échappé depuis une semaine que je travaille. Une jeune religieuse en pataugas blanches tente bien de me distraire avec ses mimiques de succion, mais je tiens à mon boulot : l’enfer, c’est long et au chômage, ce doit être interminable.
22 juin 2009
Rue de Médicis
Paris le 10 mai 2009 – 15h45 - Finalement cette brasserie est désagréable, mais il est vrai qu’hier nous étions aux «Tramways de l’Est» et que le monde nous semblait beau. Heureusement, la καλη παρεα, avec idealistetriste en guest star, compense la grossièreté et la désinvolture des garçons énervés et épuisés ; ils me dépriment car ils ressemblent trop aux serveurs viennois dans « Liberté pour les Ours ». Entre nous un peu de tendresse, dans ma valise la saucisse rapportée par Zelinda du pays où s’enfuient les pères (je le connais bien), dans mon sac Antonie et sur la table Lippi (Le Sacré Coeur aux pilchards exige un ouvre-boite ? )
18 juin 2009
Rue Baudin
Levallois-Perret le 9 mai 2009 - 08h00 -Le plexiglas de notre aquarium est de bonne qualité, on entend juste la réception et même pas les ukrainiens qui jettent la vaisselle par les fenêtres. Ce quartier ressemble à Bruxelles et on a le sentiment de pouvoir y vivre clandestinement, protégés par le pont de Levallois, la limite de Neuilly et le terminus de la ligne 3. Les frontières me rendent nostalgique.
11 juin 2009
Λιμενας
Στο λιμανι- Le 1° mai 2009 – 11h15 – Χρονια πολλα και καλο μηνας , moi je veux bien , mais je n’y crois guère. Les martyrs de Chicago ne demandent pas ce rituel fatigué. Je suis là pourtant, et je travaille. Il faut bien travailler, Sandro, et puis le Concile de Florence n’a été d’aucune utilité pour l’application, ici, des conventions collectives...
03 juin 2009
Στο λαίκο
Στο χωριο – Le 28 avril 2009 – 11h30 – Quelquefois on dit pazari, c’est un souvenir pas si lointain. Au marché, d’ailleurs, tout est chinois ou turc, une seule fabrique de coton semble avoir résisté. Le tocsin sonne et cela n’effraie personne, cette scansion va peut-être redevenir à la mode. Au retour, à La Gorgone, la fraîcheur d’un χταποδι moelleux, avec une sauce au vin. Leonardo le Florentin se trouve bien ici et j’étudie ses dissections comme si c’était moi qu’on avait posé sur le marbre.
30 mai 2009
Για βρεξ΄
Στο χωριο – Le 21 avril 2009 – 16h00 – Les 4x4 noires aux vitres fumées se multiplient ; celles-ci sont roumaines. Ils vendent des filles et achètent des terrains. Quant à nous, dansons pour inviter la pluie à fêter la fin d’avril ! De leur côté, on balbutie les rites des mafias du monde entier, j’espère que les sabots des chevaux de Transylvanie les rattraperont (tout a déjà été dit, connards cocaïnés, même votre lamentable cruauté, vous qui avez mis en scène la mort de votre conducator et de sa co-pilote – le spectacle était d’ailleurs mieux fait que pour Aldo Moro, où on ne voyait rien) . De notre bord, on respecte une autre hiérarchie, on serre d’abord la main du secrétaire du KKE, puis celle du président (PASOK ?) du πολιτιστικος συλλογος et enfin, seulement, celle du δημαρχος de droite. Les mezze sont logiquement suivis du porcelet à la broche (rôti aux herbes dans une feuille d’aluminium) et du kokoretsi le plus somptueux qu’on puisse imaginer. Le retsina coule à flot, jusque sous les pas des danseurs. Dès le soir, la pluie est là.
23 mai 2009
Place de l’Etoile
Paris le 5 avril 2009 – 08h30 – Les marathoniens, poissons d’argent surgis de livres entièrement dévorés, semblent vouloir s’en prendre à la minuscule voiture conduite avec bonheur par une drôle de jeune femme, moitié genette, moitié libellule, qui se demande si ce long passage par la chrysalide était bien nécessaire. Mais, ce matin, elle prend plaisir à se faufiler sensuellement entre les roseaux dont les plus résistants iront jusqu’à Montparnasse, prendre le train pour rentrer à Laval et montrer leur médaille.
18 mai 2009
Rue Fontaine
Paris le 3 avril 2009 – 23h45 – Un lys botté, nourri aux Chupa Chups, porte des lacets qui n’en finissent pas de désigner ses longues jambes aux mains de bébés en celluloïd qui peuplent mon cerveau gauche. Elle est contente de nous voir, je crois, mais elle préfère ma compagne d’autobus, ce que je comprends très bien. Nous engloutissons, avec du saké chaud, des sushis hérétiques et somptueux dont je vous dirai plus tard le nom et le goût. Ensuite le bus monte vers le taxi qui hisse vers Ménilmontant : là , un ascenseur conduit à la source de vêtements noirs où je retournerai un jour.
14 mai 2009
Rue de Metz
Toulouse le 25 mars 2009 – 08h00 – Le thermomètre de la pharmacie annonce 4° C. Tout à l’heure, il a fallu traverser sous le gel des Garonnes embrumées. Je conduis quelqu’un de très cher à la "Polyclinique du Parc" ; c’est toujours mieux que la "Coliclinique du Cul", mais l’effet est le même. Heureusement, peu après, sortiront au soleil les belles Toulousaines, dont parfois le petit nez pointu rappelle qu’une légère transpiration entre les seins est un cadeau rare à déguster vers 11 heures, comme une coquille de violet. La nouvelle rue Alsace-Lorraine me déçoit un peu , mais le Monop est bien là, grunge et rassurant (et j’espère que Bigou ne se drogue pas trop quand même).
