Châteauroux le 1° décembre 2011 – 6h00.- Elles repartaient vers la Gare d’Orléans-Austerlitz, c’était juste après la naissance de Guillaume Pépy, avec, dans leur sac, une partie de la paye des militaires de la base américaine. Le décor est resté intact, même les serviettes nid d’abeille, tellement lavées et relavées, semblent avoir rempli leur office à cette époque bénie : la moquette bleue et les rideaux verts évoquent les vieux manuels cartonnés d’anglais pratique oubliés par ces dames dans les tables de nuit. Le reste a été repeint en blanc, jusqu’aux fauteuils de rotin et aux chevets en métal étamé, issus d’une tôlerie locale oubliée, dont la friche possède aujourd’hui d’étranges mandragores. Les meubles sont en contreplaqué, ce bois d’avant le mélaminé, et le lit défoncé est cependant protégé par une alèse de caoutchouc synthétique, le même que venaient jadis me présenter les fabricants, avec la valve pour l’épuration des gaz de décomposition. Je reviendrai à Châteauroux, sous une forme ou sous une autre.