Oslo le 14 août 2011 – 12h –Nous arrivons dans un quartier ou Hans Tausen et la confession d’Augsbourg ne disent rien à personne, ici c’est la Norvège des trottoirs sales et des vitrines halal ;  pour Breivik, Utoya  est un 11 septembre à l’envers.  Passée une zone de travaux, l’ordre luthérien du parc botanique nous ramène à Christiana. Le musée Munch (le moine)  se situe de l’autre côté de cette frontière que traverse notre petit équipage, un peu fatigué. C’est l’heure des vigiles et du déshabillage. La sécurité du musée  des mécènes pétroliers japonais  lui donne des airs d’obscène forteresse  où les propriétaires des vestiges de l’art  de l’époque industrielle  se protègent : plus il y a de caméras  et de portiques, moins on est obligé d’employer de ces pauvres d’en bas, qui ne songent qu’à vous égorger et à vendre vos fillettes à des émirs salafistes. Je pense à la Tour Eiffel  et aux dizaines de vendeurs de  répliques diodées  qui tentent de survivre à ses pieds. Quatre ans séparent  « Le cri » et l’érection  de la tour parisienne. Munch est somptueux dans des dizaines de toiles et annonce  manifestement le titre  de Toxic Holocaust « Nowhere to run ».