Angers le 31 mars 2011- 23h00 - Falstaff de Verdi. Angers-Nantes Opéra.- Le tout Angers était là,  la gauche ex-communiste, la droite para-copéiste, l'ultra-centre catholique, les profs retraités militants citoyens du bel canto durable ; la mise en scène était à l’avenant : entre  « Au théâtre ce soir »  et « Plus belle la vie ». En écoutant les choeurs, je regrettais Hervé Niquet, en regardant Véronique Gens (je m’en faisais une joie) faire du vélo d’appartement en survêtement rose, je me disais que Montserrat Caballé avait eu bien raison de prendre du poids. Un jeune grec (Tassis Christoyannis) qui jouait le mari  d’Alice Ford égayait un peu mon heur, comme  Nannetta (Amanda Forsyte) et Fenton (Luciano Botelho). Bref, faute de faire bouger Falstaff  on faisait tourner la scène, faute de  faire danser  quand le livret  parlait de danse, on agitait des diodes derrière un arrêt de bus. Verdi et son librettiste Boito avaient conçu l’opéra comme un « immense éclat de rire » ; ici faute de burlesque on faisait du boulevard et  faute de Garibaldi on frisait  le Tartarin de Tarascon. A l’entracte, mon cardiologue devisait avec mon ex-dermato, un historien local rêvait du front libyen où « nos troupes » défendent la Bessarabie opprimée. Ce matin j’ai relu Shakespeare et je me suis marré comme Elisabeth 1° pissait  dans sa culotte. Et j’ai toujours dans la tête l’image du maestro Ricardo Muti  laissant, le 14 mars, reprendre « Va pensiero... »  comme acte de résistance romain à l’aventurier et à ses complices. Merci Verdi.http://www.youtube.com/watch?v=j5IyMXpRkFo