Lausanne le 17 février 2011-  14h10 – La fièvre de la serveuse a disparu, les cinq décis de pinot noir du patron aussi. Ce pinot ne vaut pas un Benoît Dorsaz (grâces soient à lui rendues), mais il va bien avec ce  presque bistrot où, même si on vous fait sentir que vous êtes étrangers (il y a même parmi nous un Haut-Valaisan germanophone, c’est dire !), on peut jouer aux cartes où aux échecs une fois les tables débarrassées. Et puis le demi pied de porc à la moutarde de Meaux  était la preuve s’il en fallait que la Suisse peut être un pays de transgressions. Un grand jeune homme nous a rejoints : il pétille d’intelligence et d’incertitudes mais a déjà une belle patine de courage . Nous, on  vérifie qu’on est toujours là : pourtant on ne se touche presque pas. On est bien.