Paris le 7 janvier 2011 – 22h25. Opéra comique Les mamelles de Tirésias. Je redoutais un truc genre Cocteau, un peu pédé, un peu curé, j’aime bien Poulenc, pourtant, mais en ce moment je suis assez rugby. Surprise ! Macha Makeiev est une femme de son temps et le temps est au genre, au transgenre et à l’incertitude ; une Josephine Baker en  lollypop ebony trans m’a fait comprendre que la ceinture de bananes suscitait par elle-même, intrinsèquement, une jouissance proche de l’ubris pour peu qu’on soit un beau nègre travelo dansant, ce que j’aurais pu être assez facilement, au fond, avec un incident génétique insignifiant. Et au bout du compte, le fait que ça plaise au Figaro m’importe peu, tant la musique et les voix sont belles. J’ai observé (privilège du premier rang, comme dit le code civil) que le boeuf qu’on amenait sur scène (sur le toi-même ?) ne sentait pas du tout , ni le chien que je connaissais dans d’autres rôles, alors que les grands mâles de l’Opéra de Lyon, en bas résille, sentaient un peu le suint à force de changer de costumes. Une bien belle soirée : le pompier de service était très sympa et la corsaire au bustier cramoisi avait un côté Kurt Weill. D’ailleurs Kurt Weill était pote de Darius Milhaud et le boeuf est un peu transgenre à l’insu de son plein gré, d’une certaine façon.