Thessalonique le 12 septembre 2010 – 11h00 – Une confirmation : ni la gare de Tours ni celle de Perpignan ne sont les seuls points de passage entre les plans du réel. Toute la famille des roms d’Albanie est venue applaudir et accompagner en grand apparat la mariée blonde, qui flanquée de sa nouvelle famille, s’envole dans sa robe blanche vers le clan à qui on l’a confiée pour renforcer une alliance ou préparer l’avenir. Les petits hommes à la peau tannée, dans leurs beaux costumes de noces, et les femmes qui versent des larmes discrètes espèrent qu’elle sera bien traitée. Le cortège se scinde à l’approche des contrôles de police, les uns prennent leur place dans la file, entre les derniers touristes et les nonnes qui repartent vers un monastère ukrainien, les autres restent, silencieux et dignes, derrière le cordon rouge et blanc. Cette irruption lente a provoqué dans la foule quelque chose du même type que la ridule d’un ricochet réussi dans la banlieue du temps.