Seilhan le 19 mai 2010 – 9h15 - Comment rendre compte d’un trajet de quelques minutes ? On prend à gauche devant chez Jean-Pierre, le retraité bien malade dont le fils vient de mourir, puis  à travers le soleil et l’ombre d’un printemps où le pic épeiche se croit tout permis. Jean-Pierre est venu tondre avec sa machine autoportée, mais il n’est pas entré dans la maison de pierres rondes, volées à la rivière. Le chagrin l’écrase. Je file vers Solène qui doit garder Léa. La route s’entête, si étroite, sur une campagne à laquelle personne ne croit, peuplée qu’elle est des chevaux des riches Toulousains et des trafiquants parisiens, puis elle débouche miraculeusement entre un crépi jaune et un mur rose. Au village, les poules arrogantes occupent la route devant le campenard dont elles s’imaginent être les reines de beauté. La cloche unique ne sonne qu’aux fêtes. Chez Solène, il faut d’abord faire demi-tour devant le portail de PVC puis placer les roues de gauche sur le talus herbeux pour éviter de descendre Léa du côté route. Il ne passe pas grand monde , mais pour dégrafer les ceintures du siège « enfant », c’est toujours la galère. On y va ?