29 juin 2009
Clinique Saint Satan
Trélazé le 30 mai 2009 –16h00 - J’ai un nouveau travail : tous les jours à heure fixe, je surveille les carreaux de la chemisette du chirurgien. Il a l’air content de moi : aujourd’hui, pour la première fois il m’a dit bonjour. Aucun carreau ne s’est échappé depuis une semaine que je travaille. Une jeune religieuse en pataugas blanches tente bien de me distraire avec ses mimiques de succion, mais je tiens à mon boulot : l’enfer, c’est long et au chômage, ce doit être interminable.
22 juin 2009
Rue de Médicis
Paris le 10 mai 2009 – 15h45 - Finalement cette brasserie est désagréable, mais il est vrai qu’hier nous étions aux «Tramways de l’Est» et que le monde nous semblait beau. Heureusement, la καλη παρεα, avec idealistetriste en guest star, compense la grossièreté et la désinvolture des garçons énervés et épuisés ; ils me dépriment car ils ressemblent trop aux serveurs viennois dans « Liberté pour les Ours ». Entre nous un peu de tendresse, dans ma valise la saucisse rapportée par Zelinda du pays où s’enfuient les pères (je le connais bien), dans mon sac Antonie et sur la table Lippi (Le Sacré Coeur aux pilchards exige un ouvre-boite ? )
18 juin 2009
Rue Baudin
Levallois-Perret le 9 mai 2009 - 08h00 -Le plexiglas de notre aquarium est de bonne qualité, on entend juste la réception et même pas les ukrainiens qui jettent la vaisselle par les fenêtres. Ce quartier ressemble à Bruxelles et on a le sentiment de pouvoir y vivre clandestinement, protégés par le pont de Levallois, la limite de Neuilly et le terminus de la ligne 3. Les frontières me rendent nostalgique.
11 juin 2009
Λιμενας
Στο λιμανι- Le 1° mai 2009 – 11h15 – Χρονια πολλα και καλο μηνας , moi je veux bien , mais je n’y crois guère. Les martyrs de Chicago ne demandent pas ce rituel fatigué. Je suis là pourtant, et je travaille. Il faut bien travailler, Sandro, et puis le Concile de Florence n’a été d’aucune utilité pour l’application, ici, des conventions collectives...
03 juin 2009
Στο λαίκο
Στο χωριο – Le 28 avril 2009 – 11h30 – Quelquefois on dit pazari, c’est un souvenir pas si lointain. Au marché, d’ailleurs, tout est chinois ou turc, une seule fabrique de coton semble avoir résisté. Le tocsin sonne et cela n’effraie personne, cette scansion va peut-être redevenir à la mode. Au retour, à La Gorgone, la fraîcheur d’un χταποδι moelleux, avec une sauce au vin. Leonardo le Florentin se trouve bien ici et j’étudie ses dissections comme si c’était moi qu’on avait posé sur le marbre.
