Paris le 19 février 2009 – 14h12 - Le rouge-à-lèvres-très-beau   et le sang  qui l’accompagne, certainement, mais aussi le soleil noir qui fait reluire le marbre des tombes sous un  ciel blanc comme un linceul en pur rhodia, comme on en tissait pour les « Ciseaux d’argent »  à la mort de Colette. Tout ce noir veiné brille, sauf la stèle de Colette dont la rose écarlate diffuse un parfum de  boudoir et de poudre de riz. Plus personne n’entretient le sépulcre de Roederer et je trouve çà un peu triste, comme  Delanoë  pissant sans haine sur un livre d’Histoire. Au milieu des tombeaux noirs on ne  discerne que des ombres et je comprends que les spectres n’annoncent rien de particulier : pour eux, les temps sont déjà là, c’est tout. Les  temps terribles, dédramatisés pourtant par les remugles d’un rot de bière, dont la bouteille  moisit  juste sous une porte de chapelle mangée par la rouille et qui nous poursuit  jusqu’à la rue de la Roquette d’où monteront encore une fois les émeutiers.